Jean Auguste Dominique INGRES

Jean Auguste Dominique INGRES

1780 - 1867

" Ingres : l'homme audacieux par excellence ( Baudelaire)"

Né à Montauban en Tarn-et-Garonne, Jean Auguste Dominique Ingres est formé par son père sculpteur et peintre qui lui apprend le dessin ainsi que le violon. Il entre à l'académie de Toulouse, puis monte à Paris en 1796 pour étudier sous la direction du peintre néoclassique Jacques-Louis David.
Il remporte le Prix de Rome en 1801 au cours de sa deuxième tentative, avec "Achille recevant les ambassadeurs d'Agamemnon"..

En 1806, Ingres part à Rome et y découvre Raphaël et le Quattrocento italien. C'est là qu'il s'imprègne de l'influence de Raphaël dont témoignent ses nombreux portraits à la mine de plomb. Ces années de travail seront les plus fécondes, avec les nus, parmi lesquels la « Baigneuse », les paysages, les dessins, les portraits et les compositions historiques. Il est en pleine possession de son art. Mais en France, ses toiles peintes en Italie ne plaisent pas, Ingres décide alors de rester à Rome. A la chute de Napoléon, des difficultés économiques et familiales entrainent pour Ingres une période assez misérable, pendant laquelle il peint avec acharnement tout ce qu’on lui commande. Il trouvera finalement le succès en France avec la présentation au Salon en 1824. du " Vœu de Louis XIII " (cathédrale de Montauban).
Il devient le chef de file du courant néoclassique qui s'oppose alors au jeune mouvement romantique mené par Eugène Delacroix et Théodore Géricault. Pendant dix ans, il forme dans son atelier parisien de nombreux peintres parmi lesquels Théodore Chassériau et Hippolyte Flandrin et, parmi de nombreuses commandes, réalise l'Apothéose d'Homère (1827) pour le plafond de la salle Clarac du Louvre.

Déçu par le mauvais accueil que reçoit son" Martyre de saint Symphorien" (1834, cathédrale d'Autun) il repart pour l'Italie et devient directeur de l'Académie de France (Villa Médicis) à Rome, de 1835 à 1840.
A la fin de son mandat, il revient à Paris où il est loué par la critique. Peintre et porte-parole officiel de l'art académique contre le romantisme, il est promu commandeur de la Légion d'honneur en 1845. Lors de l'Exposition universelle de 1855, il se voit décerner une médaille d'or, comme son principal rival, Delacroix.

Outre ses nombreuses peintures décoratives, ou encore ses cartons de vitraux pour la chapelle royale de Dreux, ses portraits marquent particulièrement l'évolution du genre. Ses qualités de dessinateur et son acuité psychologique alliées à la précision du trait en font un portraitiste de grand talent. La galerie de portraits réalistes qu’il laisse, constitue un miroir remarquable de la société bourgeoise de son temps, de l’esprit et des mœurs de cette classe sociale : M. Bertin (1832, Musée du Louvre, Paris), Mme Moitessier (1851, National Gallery of Art, Washington) et la Comtesse d'Haussonville (1845, Frick Collection, New York) sont des exemples très représentatifs où il recherche plus le trait distinctif sur lequel il met l'accent que la ressemblance..

A quatre-vingt-deux ans, il livre le célèbre "Bain turc" (1862, Musée du Louvre, Paris), sommet de sa maîtrise du nu féminin. 
A sa mort en 1867, il lègue la majeure partie de son œuvre à la ville de Montauban qui crée le Musée Ingres installé dans son atelier . Ingres est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Ingres était aussi aussi violoniste , il fut un temps deuxième violon à l'orchestre du Capitole de Toulouse ; c'est de ce hobby que vient l'expression Violon d'Ingres.