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Futurisme, mouvement artistique italien né sous l’impulsion du poète et écrivain Filippo Marinetti et caractérisé par la volonté de se détourner des expressions artistiques traditionnelles pour exalter, au travers notamment de la représentation de la vie urbaine et de la vitesse, le monde moderne.

Naissance du mouvement
Le Manifeste du futurisme, texte fondateur rédigé par Filippo Marinetti, poète polémiste habitué des cercles littéraires parisiens, paraît le 20 février 1909 dans le Figaro. Affirmant une approche radicalement novatrice de la création poétique, Filippo Marinetti, rejette le passé et exalte le progrès par des valeurs telles que la vitesse, le mouvement, la violence, la guerre, le patriotisme, la destruction des musées, ou bien encore le mépris de la femme, et appelle, dans un style emporté, à libérer l’expression artistique italienne de son immobilisme. La dénonciation de cette apathie culturelle s’explique par le tiraillement que vit alors la scène artistique italienne, partagée entre l’obsession d’une domination artistique révolue et l’absence de forces créatrices. Afin d’occuper à nouveau un rôle artistique d’importance à l’échelle européenne, il convient selon Filippo Marinetti de rallier l’Italie à l’Europe progressiste en employant désormais l’art à glorifier l’extraordinaire énergie du monde moderne et de ses manifestations les plus saisissantes.

Sont particulièrement prisés le mouvement et la vitesse que symbolisent l’action des machines, notamment l’automobile (selon Filippo Marinetti, « […] une automobile rugissante, qui a l’air de courir sur de la mitraille, est plus belle que la Victoire de Samothrace. »), ainsi que la frénésie de la vie urbaine et industrielle (« […] nous chanterons la ferveur nocturne vibrante des arsenaux et des chantiers incendiés par de violentes lunes électriques […] », Manifeste du futurisme). Dans le domaine pictural, ces idées trouvent un écho favorable auprès des peintres Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Carlo Carrà, Luigi Russolo (1885-1947) et Gino Severini qui publient à Turin, en février 1910, le Manifeste des peintres futuristes, suivi deux mois plus tard par le Manifeste technique de la peinture futuriste. La même année se tiennent à Milan les premières expositions du groupe.

L’épanouissement de la peinture futuriste
Nourris à leurs débuts de la leçon du néo-impressionnisme de Georges Seurat, les peintres futuristes s’intéressent dès leurs premières toiles à la vie urbaine, lieu de développement du monde moderne (Giacomo Balla, Lampe à arc, 1909, MoMA, New York ; Umberto Boccioni, La ville qui monte, 1910, MoMA, New York). Le thème de la vitesse est également au cœur des préoccupations futuristes. Héritiers de la philosophie bergsonienne mais aussi de la théorie de la relativité d’Albert Einstein pour lesquelles la stabilité du mouvement n’est qu’une forme d’illusion rétrograde, les futuristes font le choix de la vitesse comme seul moyen d’appréhender le mouvement, principe essentiel du monde moderne (Gino Severini, Hiéroglyphe dynamique du Bal Tabarin, 1912, MoMA, New York ; Umberto Boccioni, Dynamisme d’un joueur de football, 1913, MoMA, New York). Les peintres futuristes s’intéressent à restituer le mouvement par la représentation d’un sujet dans les instants successifs de son évolution dans l’espace et le temps (la quatrième dimension, explorée également par les cubistes), procédé déjà expérimenté isolément par František Kupka vers 1910, et qui rappelle les chronophotographies d’Étienne-Jules Marey et de Eadweard Muybridge — bien que les futuristes n’aient jamais revendiqué ces influences. Le résultat produit, qui vise à une recherche de « sensation dynamique », entraîne la dématérialisation des corps et l’éclatement des formes comme dans Fillette courant sur un balcon de Giacomo Balla (1912, Galleria Civica d’Arte Moderna, Milan) ainsi que dans le Cavalier rouge de Carlo Carrà (1912), peinture au sujet de laquelle l’artiste déclare : « Un cheval au galop n’a pas quatre pattes mais vingt ».

Les peintres futuristes, qui empruntent à l’esthétique cubiste l’interpénétration de plans et la simultanéité de la perception, proscrivent la peinture de nu (symbole des valeurs esthétiques du passé) et portent leur intérêt vers des sujets liés à la vitesse (automobiles, trains, bateaux, moteurs, courses) ou bien encore des thèmes contemporains de nature politique (Carlo Carrà, les Obsèques de l’anarchiste Galli, 1911, MoMA, New York) tout en n’ignorant pas une certaine profondeur psychologique (les Adieux - États d’âme II, Umberto Boccioni, 1911, MoMA, New York).

En février 1912 se tient à Paris la première exposition de peintres futuristes, organisée à la galerie Bernheim-Jeune. Dans le catalogue de l’exposition, Umberto Boccioni pointe parmi les caractéristiques de la peinture futuriste l’importance à la fois des « lignes de forces », sur lesquelles se bâtissent les œuvres, et de la compénétration dynamique des plans (les formes planes glissent les unes dans les autres), tout en tenant compte de la narration spatio-temporelle de l’instant décrit — ce dernier point offrant la possibilité au spectateur d’être placé au centre du tableau. En 1912, Umberto Boccioni déclare au sujet de la peinture futuriste : « Alors que les Impressionnistes peignent un tableau pour rendre un moment précis et subordonner la vie du tableau à la ressemblance avec ce moment, nous rassemblons tous les mouvements (du temps, du lieu, de la forme, et de la tonalité chromatique) en une synthèse et construisons le tableau là-dessus » (Umberto Boccioni, Le vacarme de la rue entre dans la maison, 1911, Sprengel Museum, Hanovre).

Des formes d’expression variées
Soucieux de diffuser à grand bruit leurs idées, les futuristes publient un nombre considérable de manifestes et de tracts. Appréciant le tapage et la polémique, le mouvement s’exprime fréquemment dans la presse, organise conférences et soirées de propagande, et prend appui sur des revues comme Poesia, dont Filippo Marinetti est le directeur, et Lacerba, publiée à partir de janvier 1913 à Florence. Le mouvement s’affirme également dès ses débuts comme pluridisciplinaire. Ainsi Umberto Boccioni publie en 1912 le Manifeste technique de la sculpture futuriste dans lequel il proclame « l’abolition de la ligne finie et de la statue fermée ». L’une de ses œuvres, la plus emblématique, demeure Formes uniques de la continuité dans l’espace (1913, MoMA). Le mouvement touche également l’architecture, à l’image du travail d’Antonio Sant’Elia, auteur d’un Manifeste de l’architecture futuriste en 1914, qui réalise de nombreux dessins pour le projet de la Cittá Nuova (« Cité nouvelle »). Dans le domaine de la poésie, une importance particulière est accordée à l’impact visuel des variations typographiques — exploité quelques années plus tard par le mouvement Dada — et au recours à un langage onomatopéique (les « mots en liberté » de Filippo Marinetti).

Les recherches musicales se fondent quant à elles sur la restitution du son pur illustrée par les travaux de Luigi Russolo. À la fois peintre et musicien, ce dernier publie en 1913 le Manifeste futuriste sur l’art des bruits et fabrique des machines produisant des sons, les Intonarumori, dites « machines bruitistes ». Des expérimentations futuristes sont menées dans le domaine de la photographie avec les photodynamismes d’Alberto Bragaglia (1896-1985) qui réalise la Gifle en 1912, mais aussi dans le domaine du théâtre et du cinéma comme les films abstraits des frères Arnaldo et Bruno Ginanni-Corradini et le film collectif la Vita futurista, 1916. Animés d’une volonté rigoriste de pratiquer un « art total », les futuristes étendent leur champ d’action à l’ameublement, au vêtement ou à la cuisine, apportant au mouvement la dimension d’un art de vivre

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